Visites guidées sur les champs de bataille, hors de Normandie
Si vous êtes un passionné d’histoire militaire et que vous vous apprêtez à venir voir les plages du Débarquement en Normandie, pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour passer quelques jours supplémentaires avec nous et ainsi approfondir vos connaissances, en vous laissant guider vers d’autres champs de bataille ? Pas seulement les sites de la Seconde Guerre Mondiale, comme ceux de la Bataille des Ardennes, de l’opération Nordwind ou la Forêt de Hurtgen, mais également ceux moins fréquentés de la Première Guerre Mondiale. La Forêt d’Argonne, où l’armée américaine et les Marines se sont battus contre les troupes allemandes en 1918. La Somme, où les armées britanniques et françaises n’ont réussi à avancer que de dix kilomètres en quatre mois et demi en 1916 au prix de 600 000 pertes. Verdun, où en 1916 les armées allemandes et françaises se sont livrées à des combats féroces pendant dix mois. Vimy, où l’armée canadienne a réussi à s’emparer en seulement quelques heures d’une crête solidement fortifiée, où les assauts français et britanniques avaient échoué au cours des deux années précédentes. Enfin, et non loin de là, Waterloo, où Wellington a défait Napoléon en 1815.
Retour aux EXCURSIONSLa Seconde Guerre Mondiale
La Bataille des Ardennes :
Venez visiter les sites de la Bataille des Ardennes en Belgique, là où Hitler a lancé la dernière contre-attaque allemande de la Seconde Guerre Mondiale, dans un pari désespéré de forcer les armées Alliées à accepter un compromis de paix. Suivez la route du Groupe Peiper, à la pointe de la poussée de la 1e Division Panzer SS. Passez par le carrefour à la sortie du village de Malmédy où le 17 décembre 1944, 86 hommes du 285e bataillon d’observation de l’artillerie furent massacrés par des SS. Suivez les chemins sinueux et escarpés menant à l’endroit où une poignée de soldats américains ont réussi à empêcher la capture d’un dépôt de carburant par des chars allemands en déversant un torrent d’essence en feu sur la route. Ensuite, montez vers le village de la Gleize où les chars de Peiper furent finalement stoppés. Vous y trouverez, près du musée, un char Tigre King qui porte encore les traces des obus anti-chars qui n’ont pu pénétrer son blindage avant. En route vers Bastogne, nous pourrons passer par Houffalize, le village où la 3e Armée du Général Patton devait rejoindre les troupes de Montgomery pendant l’offensive venant du nord afin de couper l’avancée allemande par l’arrière. Vous y verrez l’un des chars Panzer abandonnés par l’armée allemande alors qu’elle battait en retraite en janvier 1945. Le musée de Bastogne, ville où la 101e division aéroportée fut encerclée pendant cinq jours à Noël 1944, est un autre endroit inévitable, avec sa présentation audiovisuelle de la bataille, ainsi que tous ses objets militaires et ses photos de combat. Différents postes de combat se trouvent autour de la ville, comme à Foy, à la sortie nord de Bastogne, où la « Easy Company », que l’on suit dans la série télévisée des « Frères d’armes », a combattu pendant cet hiver si froid et vous verrez pourquoi la division entière a mérité son surnom des « bâtards meurtris de Bastogne ». Non loin de là se trouve le cimetière américain du Luxembourg, où le Général Patton repose parmi plus de 5 000 soldats, dont la plupart faisaient partie de sa 3e Armée et sont morts pendant qu’ils se battaient en remontant vers le nord pour délivrer les soldats assiégés dans Bastogne.
La Forêt de Hurtgen, Dieppe :
L’opération Jubilee fut la tentative de débarquement de la 2e Division canadienne d’infanterie le 19 août 1942 à Dieppe, à presque 200 km des plages du Débarquement, pratiquement deux ans auparavant. Cette opération fut réalisée principalement sous la pression politique plus que militaire. Elle avait pour but de capturer et de tenir un grand port pendant une courte durée, à la fois pour prouver que cela était possible et pour collecter des renseignements grâce aux prisonniers et aux matériels capturés et d’évaluer les réactions allemandes. Il est communément accepté de dire que ce raid fut un désastre presque complet, avec seulement quelques objectifs atteints et au prix de 4 000 pertes parmi les 6 000 soldats qui avaient débarqué. Les bunkers et points fortifiés allemands sont toujours là dans la falaise, à l’extrémité est des zones de débarquement, la plage Yellow. Les navires transportant les hommes du commando n°3 étaient tombés par hasard lors des mouvements d’approche sur l’extrémité d’un convoi allemand, alors que plusieurs de leurs embarcations avaient déjà été coulées. Seulement 18 hommes de cette force d’assaut ont atteint le rivage pour attaquer l’ennemi. Sur la plage Blue, à 10 km plus à l’ouest, se trouve l’endroit où les soldats canadiens se sont retrouvés sous un feu de mitrailleuses nourri et précis, à cause duquel seulement 33 des quelques 500 hommes qui y ont débarqué purent rentrer en Angleterre. La ville de Dieppe, où s’est déroulé l’assaut principal, n’a vu aucun des 29 chars débarqués dépasser le front de mer et les soldats eux-mêmes n’ont guère progressé plus avant. Sur la plage Green, 3 km plus à l’ouest a débarqué le commandant-en–chef , à qui fut décernée la médaille Victoria Cross pour sa bravoure et son sacrifice personnel pendant l’organisation de la défense de la plage qui permit l’évacuation de ses troupes. Sur la plage Orange enfin, la plus à l’ouest, le commando n°4 a débarqué sous le commandement de Lord Lovat et a mené à bien ce qui fut probablement le seul assaut du raid de Dieppe réellement réussi, en capturant les batteries de Varengeville et en détruisant les canons, avant que les commandos se retirent en n’ayant essuyé que 45 victimes. A proximité se trouve le cimetière de Dieppe où presque 950 soldats sont enterrés, dont la plupart périrent lors de ce raid du 19 août 1942.
La Première Guerre Mondiale
La Forêt d’Argonne :
L’on peut penser que le champ de bataille américain de la Première Guerre Mondiale le plus connu est celui d’Argonne. Ici, à quelques kilomètres à l’ouest de Verdun, l’armée américaine et les Marines ont engagé le combat au cours de la dernière année de guerre. Pendant les offensives allemandes du printemps, les soldats américains se sont trouvés en mauvaise posture au combat, face à des soldats allemands mieux entraînés et plus expérimentés, mais se sont révélés plus prompts à s’adapter aux tactiques de guerre modernes que les autres armées Alliées avant eux. C’est ici que se trouve le point fortifié où le Sergent York a reçu la Médaille d’Honneur américaine en 1918 pour avoir, au cours de l’attaque avec son peloton, réussi à tuer 32 soldats allemands et en capturer 132 autres, tout en ayant détruit 35 mitrailleuses, prenant position sur une colline jusqu’alors totalement contrôlée par les Allemands. Nous verrons également le Monument Américain de Montfaucon, une tour en granit impressionnante d’environ 60 mètres de haut, du sommet de laquelle vous aurez une vue imprenable sur le champ de bataille. Ce monument fut érigé sur les ruines du village du même nom, qui servait de poste d’observation pour l’armée allemande avant d’être capturé dès le deuxième jour de combat par la 79e Division. A quelques dix kilomètres de là se trouve le cimetière américain de Meuse-Argonne qui avec ses plus de 14 000 tombes est le cimetière américain le plus grand d’Europe. Plus à l’ouest, se trouve le site du « bataillon perdu » où pendant une attaque, le 3 octobre 1918, un bataillon de la 77e Division d’infanterie s’est trop avancé et s’est retrouvé isolé, derrière les lignes ennemies. Leur position fut assiégée pendant cinq jours et malgré les attaques allemandes répétées, le bataillon réussit à la tenir jusqu’à ce que les contre-attaques françaises viennent les libérer. Pendant ce siège, les troupes furent réapprovisionnées par largages aériens, les tout premiers de l’histoire militaire.
Vimy :
En ce Lundi de Pâques 1917, le 1er Corps canadien sous le commandement du Général Byng a réussi en moins de 24 heures à capturer et à tenir le site qui était considéré comme le plus fortifié et le mieux défendu de l’ensemble du front ouest. La crête de Vimy s’était, pendant deux ans, refusée aux assauts français et britanniques et leur avait coûté, sans aucune progression du front, plus de 300 000 pertes. En comparaison, les pertes canadiennes resteront, somme toute, « légères » avec 10 000 victimes pour un assaut couronné de succès. D’énormes préparations avaient été entreprises afin de ne pas répéter les erreurs commises dans la Somme, presque un an auparavant. Des kilomètres de tunnels, certains à quelques dix mètres de profondeur, avaient été creusés afin de transporter les troupes jusqu’au front en sûreté. Certaines sections ont été préservées et sont ouvertes au public pour des visites guidées pendant les mois d’été. Les lignes de front opposées, à la sortie des tunnels, furent aussi exceptionnellement bien préservées, là où les tranchées ne sont séparées que d’une trentaine de mètres, entre lesquelles se trouve une rangée de cratères de mines, dont certains atteignent dix mètres de profondeur. Les cicatrices de la bataille et des bombardements sont toujours visibles sur ce terrain menant au sommet de la crête et la Mémorial de Vimy apparaît au sortir du bois. Ce monument inauguré dans les années 30 porte les noms de plus de 11 000 soldats canadiens portés disparus. Ceci est l’un des sites de la Première Guerre Mondiale les mieux préservés, sur le front ouest.
Verdun :
On en parle souvent comme « la Somme de l’armée française ». En février 1916, l’armée allemande, sous le commandement du Général Falkenhayn lança une attaque contre la forteresse de Verdun, point fort du flanc droit des lignes françaises et symbole du courage au combat et de la liberté de la France. Ayant été la dernière forteresse à tomber aux mains des Prussiens pendant la guerre de 1870, les fortifications autour de la ville furent développées de manière significative dans les années 1880, afin de résister à nouvelles attaques. De plus, son statut de forteresse importante depuis l’époque des Romains avait fait de Verdun un nom connu de la plupart des Français. En somme, la ville revêtait une valeur plus symbolique que stratégique. Et Falkenhayn comptait bien là-dessus. Les Allemands pensaient bien que s’en serait la fin du gouvernement français, tout autant que de l’armée française, si Verdun était pris. Il fut donc décidé de « saigner la France à blanc » en attaquant un objectif que les Français devraient défendre à n’importe quel prix. Le fait que Verdun formait un point saillant dans les lignes allemandes facilita d’autant plus la tâche de Falkenhayn que cela signifiait que la position pouvait être attaquée simultanément de trois côtés différents. Le combat s’y déroula pendant dix mois, jusqu’en décembre 1916, faisant ainsi de Verdun la plus longue bataille en continu de la Première Guerre Mondiale. Les vestiges des fortifications massives construites autour de la ville pour la protéger, comme le Fort de Vaux ou le Fort de Douaumont par exemple, portent toujours les cicatrices de l’artillerie et des combats d’infanterie qui firent rage ici il y a plus de 90 ans. Le cimetière militaire français au Fort de Douaumont abrite plus de 15 000 tombes et un ossuaire renferme les restes de plus de 130 000 soldats non-identifiés, dont les corps furent retrouvés sur le champ de bataille. Un site d’intérêt est « la tranchée des baïonnettes », où une unité allemande qui progressait s’est retrouvée dans une tranchée française peu profonde, sur les flancs de laquelle dépassaient des fusils munis de baïonnettes. Au cours de fouilles, l’on a retrouvé sous chaque fusil le corps d’un soldat. Ces morts avaient tous été enterrés pendant un barrage d’artillerie allemand féroce. On pourra finir par la visite de la citadelle souterraine et du réseau de tunnels qui court sous la ville de Verdun. C’est aujourd’hui un musée abritant des cartes, des matériels militaires, des photos, et qui dispose d’une présentation audiovisuelle sur la bataille. Pour repère, la bataille de Verdun se déroula à environ vingt kilomètres de celle d’Argonne, où les Américains ont combattu deux ans plus tard.
La Somme :
Venez découvrir la région du nord de la vallée de la Somme, où les armées britanniques et françaises se sont battues cote à cote contre les Allemands pendant l’été, l’automne et l’hiver 1916. L’artillerie Alliée a tiré plus de 3 millions d’obus sur les lignes allemandes pendant les trois jours qui ont abouti à la première attaque du 1er juillet. Vous comprendrez pourquoi cette attaque a échoué d’une manière terrible et a causé la perte de 60 000 soldats, la plupart d’entre eux au cours des deux premières heures de l’assaut. Vous verrez cet impressionnant cratère de 100 mètres de diamètre à La Boisselle où le Génie britannique avait creusé un tunnel sous les lignes allemandes et placé dix tonnes d’explosifs Ammanol qu’ils ont fait sauter au tout début de l’attaque. Un mémorial fut construit à Thiepval sur la ligne de front allemande de 1916 ; il porte les noms de plus de 72 000 soldats britanniques portés disparus. Trois kilomètres à l’arrière des lignes, le village de Pozières, qui fut libéré par les Australiens, fut complètement reconstruit et est un endroit idéal pour s’arrêter pour une pause déjeuner. L’un des cafés a recréé dans son jardin deux lignes de tranchées qui se font face, équipées de mitrailleuses, obus d’artillerie, fusils, casques, baïonnettes, bref tout l’attirail qu’on y aurait trouvé à l’époque, dont la majeure partie fut trouvée aux alentours du café. Beaumont Hamel se souvient du Régiment de Terre-Neuve où le 1er juillet, ses hommes ont atteint le sommet, au prix énorme de 808 soldats et officiers sur un total de 897. Les tranchées alliées et allemandes y ont été conservées pour vous montrer leur organisation, tout comme « l’Arbre Dangereux », qui se trouvait à peine à mi-chemin des lignes allemandes à travers ce « no man’s land » et que très peu d’hommes ont réussi à dépasser en ce jour fatidique de 1916. Il s’y trouve également un monument pour les « Black Watch » de la 51e Division Highland, le régiment qui finalement libéra Beaumont Hamel quatre mois et demi plus tard. La flèche de l’église que Manfred von Richtofen a manqué de peu en 1918, alors qu’il poursuivait un « Sopwith Camel », seulement deux minutes avant d’être lui-même abattu et tué, est restée en place, avec des trous d’obus rebouchés il y a environ 90 ans toujours visibles sur les murs.
Ypres :
Ce fut la dernière ville importante toujours tenue par les Alliés à Noël 1914. Les Allemands tenaient quant à eux les crêtes entourant la ville, dans une forme de demi-cercle s’enroulant du nord au sud. Haig, le Commandant-en-Chef britannique à partir de 1915, était convaincu que c’était le seul endroit où une percée serait possible en repoussant les lignes allemandes en venant du nord. Malgré quatre années de combats qui détruisirent complètement cette ville, aucune percée ne fut réalisée : de la première bataille d’Ypres de fin 1914, en passant par la seconde bataille de début 1915 quand l’armée allemande utilisa les premières attaques aux gaz toxiques, puis la bataille de la crête de Messines début 1917 quand les Britanniques firent exploser dix-neuf mines énormes enterrées sous les lignes allemandes afin de soutenir leur progression, à la troisième Bataille d’Ypres, plus connue sous le nom de Bataille de Passchendale à l’automne 1917. Il subsiste de nombreux vestiges de ces batailles, comme la Côte 60, où les lignes ennemies sont restées distantes de quelques dix ou quinze mètres pendant presque toute la guerre et l’on y verra l’un des bunkers allemands que les Britanniques convertirent en poste à mitrailleuse après la capture de cette position pendant la bataille de la crête de Messines. Les cratères de mines sont encore visibles de nos jours. Vous découvrirez la Porte de Menin, l’un des plus importants monuments pour des soldats portés disparus, avec les noms de presque 55 000 soldats morts pendant la « Grande Guerre ». La sonnerie aux morts, jouée au clairon pendant les funérailles militaires britanniques, résonne tous les soirs à 20 heures sous la Porte de Menin en souvenir de ces soldats. Le cimetière de Tyne Cot, l’un des plus grands cimetières britanniques au monde, fut installé autour du bunker allemand, capturé puis utilisé comme poste de secours avancé pour les médecins britanniques pendant la bataille, ainsi que quatre autres bunkers. Le Génie britannique y avait même construit d’autres bunkers, dont celui où John McRae écrit son poème « In Flanders Fields », qui est devenu le reflet parfait des conditions de vie et de mort des soldats au combat.
Mons :
C’est ici que l’armée britannique a engagé son premier combat contre l’armée allemande pendant la Première Guerre Mondiale. Le lieu où les « Royal Irish Dragoon Guards » ont chargé en août 1914 un détachement de Lanciers allemands est une action classique de cavalerie du temps d’Alexandre le Grand, est marqué d’un monument qui se trouve à seulement trente mètres d’une plaque qui montre la position des troupes canadiennes au jour du cessez-le-feu du 11 novembre 1918. Entre ces deux événements, seize millions d’hommes sont morts au combat. A seulement quelques kilomètres d’ici se trouve l’endroit où peu après, par la défense héroïque d’un pont stratégiquement important, un peloton d’hommes armés d’une seule mitrailleuse ont réussi à tenir en échec un régiment entier de l’armée allemande pendant plusieurs heures, en permettant ainsi au reste de leur unité de s’échapper. Cette action est celle pour laquelle les deux premières médailles de la « Victoria Cross » de la Première Guerre Mondiale ont été décernées.

